Première Ligne
Suisse: Comment le Quai 9 a contenu la tempête du crack à Genève
Des poignées de main, puis des cris. Des négociations, de longues discussions, quelques éclats de rire. Des petits-déjeuners sur le bitume, des nuits sur des lits de fortune, des trottoirs et des bancs occupés du matin à la tombée de la nuit. Le tout dans un va-et-vient incessant, souvent effréné.
Ce qui frappe lorsque l’on pousse régulièrement le petit portail grillagé du Quai 9, c’est que le local de consommation est un vrai lieu de vie. Avec ses habitués, ses rituels, sa géographie. Gérée par l’association Première Ligne, cette petite «ville dans la ville» a dû faire face en 2021 à l’avènement massif du crack, et s’adapter en attendant des moyens de l’État. Pendant neuf mois, nous avons suivi ses équipes dans leurs efforts pour contenir l’explosion du «caillou» et ses conséquences.
«C’était devenu dangereux pour nous»
«Tu vois, ça, c’est du Dormicum. Ne t’inquiète pas, tu vas apprendre à tout reconnaître.» Ce premier matin de reportage, courant mars 2024, c’est aussi le premier jour de Patrick*. Ancien agent de sécurité, le jeune homme a répondu à l’annonce de Première Ligne.
Dans le cadre du plan crack de l’État lancé début 2024, l’association doit renforcer ses équipes, notamment celle des agents de médiation. Postés dans le local avec un œil sur la rue, ou sur l’esplanade au pied du bâtiment, ils sont chargés de désamorcer les tensions et de rappeler les règles. Ne pas dealer dans l’enceinte, remettre son matériel usagé, respecter les lieux